Coronavirus : accommodements et liberté académique

13 mars 2020

Les professeures et professeurs ont reçu mercredi un communiqué du vice-rectorat aux affaires étudiantes et aux études concernant les mesures d’accommodement en lien avec le coronavirus, suivi d'un second communiqué envoyé hier à toute la communauté universitaire annonçant l'annulation des cours de 250 étudiant.e.s ou plus et dans lequel on indique que « les différentes mesures proposées à l’ensemble du personnel enseignant pourront notamment être mises en œuvre » pour compenser. Le SGPUM souhaite clarifier que le communiqué de mercredi présente des exemples de mesures d’accommodement qui n’ont pas un caractère impératif. Le SGPUM tient également à préciser qu'il n’a pas été invité à participer à l’élaboration de ce plan d’intervention et souhaite enjoindre ses membres à interpréter celui-ci en tenant compte de certains principes.   

La liberté d’enseignement

Le communiqué doit être lu dans l’optique de la liberté académique qui caractérise votre activité d’enseignement et selon laquelle la professeure ou le professeur est libre de déterminer la formule pédagogique qui convient au cours et les méthodes d’évaluation qui serviront à mesurer si les objectifs ont été atteints. Ainsi, bien que le SPGUM encourage les professeur.e.s à faire preuve de souplesse étant donné la gravité de la situation et rappelle que c’est aux professeur.e.s que revient le choix de la façon d’adapter votre cours aux circonstances actuelles, dans la mesure où cela permet l’atteinte des objectifs du cours et que ce soit dans le respect des règlements pédagogiques de l’Université de Montréal. À ce titre, rappelons qu’un nombre minimal de deux évaluations est requis pour un cours de premier cycle de 3 crédits (voir article 9.1 du règlement). Cependant, il n’existe aucune norme institutionnelle quant au nombre minimal de séances de cours requis. Les mesures d’accommodements mentionnées dans le communiqué de l’Université ne sont que des exemples; d’autres mesures peuvent être déployées (p. ex. : réaménagement du calendrier d’enseignement).

Le soutien à l’enseignement

Pour les professeur.e.s qui jugeront pertinent de transformer la formule pédagogique de leur cours ou de prévoir des moyens d’évaluation alternatifs, il est fort possible que cela représente une charge de travail supplémentaire significative, notamment si cela implique le recours à de nouveaux outils technologiques ou à de nouvelles approches pédagogiques. Le SGPUM recommande aux professeur.e.s de demander les ressources et le soutien nécessaires pour que ces mesures ne constituent pas une surcharge de travail pour eux et elles. Il est bon de rappeler que l’Université a la responsabilité de mettre en place des ressources et des mesures de soutien à l’enseignement pour que les heures de travail des professeur.e.s soient employées à réaliser leur charge professorale et non des tâches de nature technique. Pour permettre au SGPUM d’avoir un portrait d'ensemble de la situation, les professeur.e.s sont encouragé.e.s à mettre le SGPUM (sgpum@umontreal.ca) en copie tout échange avec la direction visant à réclamer des ressources ou du soutien.

Pour la suite

Dans un communiqué publié hier, l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU) affirmait l’importance pour les directions des universités de collaborer avec les syndicats de professeur.e.s dans l’élaboration des mesures à prendre pour lutter contre la maladie à coronavirus :

« [I]l pourra s’avérer nécessaire de fermer des campus et de recourir à l’enseignement en ligne afin de limiter la propagation de l’infection. Si cela arrive, il importe que les associations de personnel académique soient consultées dans l’élaboration et la mise en œuvre de ces scénarios possibles ainsi que dans le suivi de ces mesures. Si les associations sont appelées à faire preuve de flexibilité devant la gravité de la pandémie, les administrations des établissements devraient négocier avec les associations des protocoles qui assurent le respect des droits reconnus dans les conventions collectives. » (pour lire le texte complet)

Le SGPUM n’a pas été invité à participer à l’élaboration des mesures proposées par la direction de l’université mais souhaite vivement que l’université accepte de revoir ces mesures avec lui. Le SGPUM a ainsi sollicité une rencontre avec la direction dans les meilleurs délais « de manière à favoriser une collaboration et une concertation entre les parties […] afin d’examiner ensemble tout sujet qui a, ou pourrait avoir, un effet sur la tâche professorale, de même que sur la santé et la sécurité du professeur », à l’instar de ce que la convention collective prévoit en cas de grève étudiante (voir DG 1.10).

Le SGPUM tient à assurer les professeur.e.s qu'il suit la situation de près et que qu'il est soucieux de protéger la santé et la sécurité de ses membres et de la communauté universitaire dans son ensemble et de s’assurer que les mesures prises n’entraînent pas de surcharge de travail pour les professeur.e.s. Par ailleurs, la situation évoluant rapidement, les professeur.e.s sont invité.e.s à consulter régulièrement les consignes préventives émises par l’Université sur le site urgence.umontreal.ca.

Le SGPUM invite les professeur.e.s à communiquer avec lui (sgpum@umontreal.ca) pour toute question ou tout commentaire en lien avec ce dossier.


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